Réponse aux contrevérités de M Orofino dans Tourmag sur le "label" ATR

Réponse aux contrevérités énoncées par Monsieur Orofino sur le « label » ATR dans Tourmag du 11 février 2016 :
http://www.tourmag.com/Agir-pour-un-Tourisme-Responsable-enfin-un-label-adapte-a-tous-les-TO-_a78467.html

 

Monsieur Orofino, dans cet article nous vante les mérites du nouveau « label » ATR.
Il faudrait avant tout rappeler ce qu’est un label :

 

Un label est la propriété de l’État, décerné par un organisme indépendant qui vérifie le respect de critères établis par les pouvoirs publics.
Généralement des représentants des consommateurs du secteur concerné participent à leur élaboration.

 

La certification ne détermine que la reconnaissance par un organisme indépendant de l’application de critères qui peuvent être établis par les structures qui la sollicitent, sans que les pouvoirs publics n’interviennent dans l’élaboration de ces derniers, pas plus que les premiers concernés, les consommateurs…

Par conséquent, en aucun cas, les critères d’un label sont définis par les futurs bénéficiaires…
Dans ce cas de figure, cela s’appelle une certification.
L’erreur de sémantique n’a évidemment rien de fortuit… Et dure depuis 2008…

 

Ensuite, il est dit qu’aucun label concernant des productions touristiques packagées n’existe.

C’est « oublier » de manière fort légère les critères mondiaux du tourisme Durable qui représentent depuis longtemps la base d’un label qui se voudrait sérieux et respectueux des publics désirant voyager de manière plus responsable, que ce nouveau « label » ATR ne trompera certainement pas !

 

Car si une majorité de Français se dit rassurée par un label, il semble certain qu’ils ne se laisseront pas berner si facilement et docilement par des critères aussi flous qu’invérifiables.

 

Et qui pourrait croire qu’un voyage en « all inclusive », sur un bateau de croisière, ou effectué par des tour-opérateurs aux catalogues de 300 pages proposant des séjours sur les 5 continents, puisse être responsable ?

 

Ce « label » permettrait de faire le tri entre professionnels et bricoleurs !

 

Or, dans son petit rappel historique Monsieur Orofino déclare que le SNAV (Syndicat National des Agents de Voyages) s’est vidé depuis 2012 de la plupart de ses adhérents producteurs, à savoir les professionnels qui créent des voyages, pour ne conserver que les agences de revente de forfaits.
Il serait d’ailleurs intéressant qu’il nous en explique les raisons…

 

S’il est facile de « bricoler » un forfait touristique sans connaissance aucune d’un territoire, il est plus compliqué de créer de nouveaux voyages, et plus encore, lorsque ceux-ci se trouvent sur des territoires inconnus de la plupart des Tour-opérateurs classiques, voire des autorités de la région concernée.

Alors qui sont donc ces « bricoleurs » visés par Monsieur Orofino ? Les véritables créateurs – artisans du voyage ?


En revanche, il est indéniable que certains « professionnels » aient, par méconnaissance des territoires, standardisé leur offre au point de tous proposer le même itinéraire, sous-traité à un prestataire local.

Au point que certains territoires se trouvent être aujourd’hui totalement sur fréquentés quand des déserts touristiques se créent tout autour ! Cas de Santorin, Stromboli, Dubrovnik, d’espaces situés autour des plus grandes stations de ski du monde, etc.

 

Tourisme Responsable ?

 

Comment peut-on écrire et prétendre que « dire du tourisme qu’il est responsable et durable est un pléonasme », lorsque l’on constate partout sur la planète les dégâts sociaux et environnementaux occasionnés par le tourisme de masse ?

A quoi servirait un « label » si tous les opérateurs de voyage étaient responsables ? Ne s’agit-il pas là d’un non sens absolu ?


Monsieur Orofino, le greenwashing (éco-blanchiment) n’a jamais motivé qui que ce soit, ni suscité de nouvelles vocations, juste le dégoût de ceux qui, au quotidien, œuvrent pour faire changer des pratiques qui aboutissent à tuer les plus-values qu’avaient un territoire avant sa mise en tourisme dans un système dicté par la macro-économie.

 

Système irresponsable qui n’apporte rien de positif aux habitants et concentre les richesses dans quelques mains ! (80 % des revenus du tourisme mondial reviennent dans les pays émetteurs).
Doit-on vous rappeler que 1% des habitants de la planète concentre 99% des richesses ?

 

Le tourisme n’est malheureusement pas cet eldorado décrit ; il participe pleinement à ces disparités ! Et ce ne sont certainement pas les critères de ce « label » auxquels répondraient déjà les membres du Seto et d’ATR qui changeront cet état de fait!

 

Nous nous posons la question de savoir quel organisme certificateur osera apposer sa griffe, et donc engager son honneur et sa crédibilité sur de tels critères ! Ce qui semble certain est que l’AFNOR y ait renoncé, pour avoir compris ce que dissimulait son accréditation lors de la précédente certification…


Nous espérons très prochainement vous montrer comment évaluer la véritable excellence en matière de tourisme responsable, grâce à notre grille d’évaluation de terrain, élaborée conjointement avec le monde scientifique, au niveau international.

 

Jean-Pierre LAMIC
Directeur de l'Association des Voyageurs et Voyagistes éco-responsables, co-organisateur du Forum National du Tourisme Responsable, Auteur de « Tourisme durable, Utopie ou Réalité ? » Éditions L’Harmattan, Avril 2008


Pour plus d’informations sur le sujet :
http://blog.voyages-eco-responsables.org/…/certifications-…/
http://blog.voyages-eco-responsables.org/…/gare-au-greenwa…/

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