Scission au sein du Syndicat des accompagnateurs en montagne

V.V.E a établi par le passé divers contacts et partenariats avec le Syndicat National des Accompagnateurs en Montagne, qui regroupait jusqu’en 2013, près de 3000 accompagnateurs, dont plusieurs membres dirigeants de notre association.
C’est ainsi que le SNAM fut invité à participer au 1er FNTR en 2010 à Chambéry dans la thématique sur l’écotourisme.
Ce sont aussi deux membres de V.V.E qui ont été à l’origine de la création des commissions écotourisme et trekking au sein du SNAM, commissions qui ont permis l’élaboration d’une réflexion sur la part prise par les accompagnateurs en montagne dans l’offre écotouristique en France et sur les questions relatives à l’encadrement légal des trekkings à l’étranger.

Cependant, nous en sommes restés à la réflexion…, la mise en œuvre d’actions n’ayant pas été possible, notamment parce que les moyens alloués ont été détournés de leur affectation première.
Lors des dernières assemblées générales du SNAM Savoie (Cruet) et du SNAM National (à Grasse en novembre dernier) il est apparu, au sein de ce dernier, de graves dissensions à propos de la gestion, financière et humaine du Syndicat, plutôt désastreuses.


Nous tenons à préciser qu’aucun membre de V.V.E n’a figuré au sein du Comité Directeur du SNAM à quelque époque que ce soit.


Plusieurs des fondateurs historiques et dirigeants des années 2000, devenus minoritaires au sein de l’institution ont choisi de faire scission et de créer un syndicat concurrent : l’UNAM (Union Nationale des Accompagnateurs en Montagne).


Le divorce étant consommé, il convient de faire les remarques suivantes :
Nous ne pouvons que constater et regretter que les forces disponibles se trouvent divisées alors que la profession d'accompagnateur en montagne doit faire face à d'innombrables problèmes, dont certains auxquels le SNAM n'a jamais su ou voulu répondre depuis sa création.


Et que l’énergie disponible se trouve dilapidée, soit pour réparer les erreurs du passé, soit pour entretenir des dissensions entre les divers syndicats. (Il est à noter que la profession de guide de haute montagne a vécu une scission identique).


Quels sont les problèmes évoqués ?


• Les nombreuses remises en question du diplôme, notamment par la création de cursus fédéraux ou universitaires parallèles.


 L’incapacité chronique de l’Etat à définir ce qu’est un « milieu spécifique », c’est-à-dire un environnement comportant par nature certains risques (montagnes : éboulements, avalanches - milieux tropicaux : inondations -  déserts : climat, isolement, volcans : pentes fortes, éruptions, etc.) où l’accompagnateur en montagne évolue de manière à garantir la sécurité de ses clients.


• L’incapacité ou le manque de volonté des institutions à faire respecter les règles légales en matière d’accompagnement des trekkings à l’étranger, trop souvent encadrés par des personnes non ou mal  formées et non diplômées, en contradiction avec la législation française en vigueur s’appliquant pour tout voyage commercialisé par une agence française à une clientèle française.


• Les incitations faites aux jeunes accompagnateurs en montagne pour aller travailler à l’étranger, avec des salaires payés en monnaie locale, et des emplois sans protection sociale (à Oman par exemple).


 L’absence d’actions visant à faire respecter les prérogatives des accompagnateurs en montagne diplômés  en matière d’encadrement sur les volcans, notamment en Sicile.


• La création informelle de formations visant à permettre le remplacement de l’accompagnateur en montagne diplômé par un accompagnateur local qui ne l’est pas,  pour des raisons de coût, y compris sur des terrains où la loi française oblige à sa présence. V.V.E prône depuis toujours le binôme accompagnateur diplômé – guide local pour répondre aux exigences légales, éthiques, et sécuritaires des trekkings.


• Le pillage industriel des itinéraires élaborés par les accompagnateurs, par certaines agences de trekking et diverses sociétés commerciales (parfois les mêmes !).


• Les importantes charges, souvent disproportionnées par rapport au volume d’activité réalisé et dont la collecte n’est pas adaptée à une saisonnalité et une nature aléatoire avérées.


Les accompagnateurs membres de V.V.E, ou simples sympathisants, se réservent, donc, le droit de participer à toute action concernant les points évoqués ci-dessus, avec ou sans le soutien des organismes « représentatifs » mentionnés.

 

Jean-Pierre Lamic, accompagnateur en montagne diplômé, pour V.V.E

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