Réponse de Jean-Pierre Lamic à l'article de Tourmag du 25/11/2013

Réponse à l’article de Tourmag, http://www.tourmag.com/France-2014-annee-de-l-engagement-des-TO-dans-le-tourisme-durable_a63037.html#last_comment

 

Bonjour,

Je crois Guillaume qu'en France on a pris le problème à l'envers ! On créée des voyages classiques, et ensuite on veut les intégrer à une démarche de tourisme responsable, avec des critères flous, ne représentant aucun consensus en amont.

En France, à mon sens, seulement 2 réseaux connus ont procédé autrement et comme cela devrait être la norme :

Créer des voyages qui se veulent responsables, dès leur conception et leur production, avec un réel processus d'évaluations de terrain qui s'ensuit (un casse-tête, qui demanderait des moyens importants pour une mise en œuvre effective et élargie) :

L'ATES et V.V.E, cette dernière que tu oublies de citer, et qui est pourtant à ce jour le principal réseau d'acteurs de l'écotourisme, qui travaillent quotidiennement avec les parcs naturels régionaux et nationaux, de France et d'ailleurs.

J'ai suivi de très près des procédures de certification chez de gros opérateurs qui se sont résumées à retirer les pailles des verres de boissons gazeuses servies dans les bars (sauf si le client les demande !) des "all inclusive", et à mettre des affichettes pour limiter l'utilisation des serviettes pour les piscines et spas....

Tant que l'on prendra les consommateurs pour des idiots, incapables de faire la différence entre une vraie démarche et ces mesures de pur greenwashing, le tourisme responsable, restera, c'est mon avis, ce qu'il est en France. C'est-à-dire, un milieu porté par de toutes petites structures capables de se remettre en question sur les impacts de leurs propres voyages sur les territoires se battant avec leurs faibles moyens pour essayer de se différencier des mastodontes de la communication.

Aux opérateurs de voyages de me faire mentir ! J'en serai le premier heureux !

 

Cordialement

 

Jean-Pierre Lamic, auteur de Tourisme durable, utopie ou réalité?, co-organisateur du Forum National du Tourisme Responsable, directeur de l'Association des Voyageurs et Voyagistes Eco-responsables.

 

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Commentaires : 2
  • #1

    ATR (lundi, 07 avril 2014 15:13)

    Bonjour Jean-Pierre.

    Le temps est venu de te rendre heureux en te faisant mentir, et où opposer le développement durable du tourisme au développement du tourisme durable ne sert à rien.

    Au plaisir d'échanger,
    lors d'une 3e édition du Forum National du Tourisme Responsable ?

    Bien à toi,

    Julien
    ___
    Julien BUOT
    Directeur d'Agir pour un Tourisme Responsable (ATR)
    Membre associé de l'ATES & du comité exécutif du SETO
    06 80 22 67 90
    j.buot@tourisme-responsable.org

    PS : voici un extrait du référentiel d'engagement d'Agir pour un Tourisme Responsable :

    1. Fournir au client une information claire et le sensibiliser au tourisme responsable.
    1.1. Fournir une information générique au client : le client est informé de manière claire et lisible des prestations proposées et de l’engagement du voyagiste en termes de tourisme responsable.
    1.2. Sensibiliser le client au tourisme responsable par :
    1.2.1. Le respect des cultures et populations d’accueil ;
    1.2.2. Dans le cadre de la communication auprès des clients sur les actions entreprises concernant la préservation de l’environnement et/ou le développement, cette communication doit être claire et précise ;
    1.2.3. La proposition de participation à une ou des opérations de développement et/ou de préservation de l’environnement et/ou de diffusion des cultures, liées au tourisme.
    2. Accompagner le client sur le lieu de destination selon l’esprit tourisme responsable par :
    2.1. Une sélection de prestataires privilégiant les emplois locaux ;
    2.2. La mise en place d’un transfert de compétence vers les prestataires locaux ;
    2.3. L’information des clients au respect de l’environnement, du patrimoine et des cultures locales ;
    2.4. Une gestion des flux de voyageurs par destination.
    3. Sélectionner les prestataires selon l’esprit tourisme responsable.
    3.1. Les prestataires sélectionnés respectent les conditions juridiques d’exercice de leur métier en vigueur dans leurs pays.
    3.2. Les prestataires sélectionnés respectent des conditions de travail décentes pour leurs employés, compte-tenu des conditions locales.
    3.3. Sensibilisation des prestataires sélectionnés à une politique de gestion des déchets et une politique de gestion des ressources naturelles.
    3.4. S’engager envers ses prestataires sur la base d’une relation durable.
    4. Engagements du voyagiste pour sa propre structure.
    4.1. Former le personnel du voyagiste selon l’esprit du tourisme responsable.
    4.2. Appliquer une politique de gestion environnementale au sein de son entreprise.
    4.3. Appliquer un management par la communication.
    4.4. Appliquer un mode de partage de la valeur créée par l’activité.
    4.5. Soutenir activement et financièrement le développement des populations locales.
    4.6. Prendre en compte la satisfaction des clients liée à ses engagements.

    La Certification :
    > Elle s’appuie sur un référentiel de 18 engagements (détaillés en page 4), et 25 critères que chaque membre candidat à la labellisation doit respecter.
    > Chaque critère est vérifié annuellement au sein de tous les détenteurs du label par un organisme indépendant (AFNOR Certification) et accrédité par le Comité français d'accréditation (COFRAC).
    > Cette véritable charte de qualité et de progrès tournée vers la mise en œuvre d’un tourisme plus responsable, a été crée en application des articles L. 115-27 à L. 115-33 et R.115-1 à R. 115-12 du code de la consommation.

    Plus généralement, le tourisme responsable vise à respecter cinq grands principes :
    > encourager le développement d’un tourisme qualitatif pour une découverte authentique des régions d’accueil ;
    > veiller à ce que les retombées économiques soient le
    plus justement réparties entre les acteurs du voyage ;
    > respecter les usages et différences culturelles des
    régions d’accueil ;
    > respecter l’environnement et le patrimoine culturel et
    naturel ;
    > informer de façon transparente et sincère.

  • #2

    Jean-Pierre LAMIC (mercredi, 16 juillet 2014 08:42)

    Tout le monde dans notre milieu sait très bien ce qui se cache derrière la certification ATR, notamment le non respect de la législation française en termes d'accompagnement des trekkings à l'étranger. Quant aux retombées sociales sur les territoires, je suis effectivement prêt à en discuter, mais par écrit ! Les belles paroles s'envolent vite...

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