Interview de Jean-Pierre Lamic par Le nouvel Economiste.fr

Qu’est-ce que le luxe ? Une valeur bien subjective. J’ai écrit dans « Tourisme durable, utopie ou réalité ? » un paragraphe qui montre que selon le point de vue de chacun, le luxe peut-être défini de manière bien différente !

Le luxe en matière de tourisme, sans plus de détails serait une chambre dans un palace ?

Mon luxe à moi est d’avoir rénové un chalet d’alpages, en conservant tout le charme de son architecture du XVIème siècle. J’y ai apporté des améliorations « techniques » comme l’adjonction de WC secs ou d’une salle de bain en accord avec son style originel.

De sa terrasse située à 1900 mètres d’altitude, on peut observer tout au long de l’année la flore et la faune de montagne, et cinq glaciers… Le hameau d’alpages où il se trouve regroupe une communauté où règne la convivialité. Où est le luxe ?

Dans de nombreux territoires d’exception, comme les Galapagos, le luxe ne consiste-t-il pas tout simplement à pouvoir s’y rendre ?

Alors bien évidemment le luxe est compatible avec toute forme de tourisme. Tout dépend du luxe dont il s’agit.

Inversement, consommer 300 litres d’eau par jour dans un « écolodge » du Sud Marocain, ce n’est pas de l’écotourisme, mais une utilisation abusive de ressources rares d’un territoire.

Une maison de charme dans les Cévennes, une chambre chez l’habitant dans les Iles Eoliennes peuvent être fort luxueuses, tout dépend des critères de chacun. Un séjour y sera agréable, la nourriture locale, l’eau utilisée parcimonieusement, les habitants y trouveront un bénéfice réel, autant de critères pour un tourisme responsable.

La tendance « bobo » qui consiste à transplanter des modes de vie exogènes dans des territoires éloignés ne peut au contraire s’apparenter à cette forme de tourisme.

Le mouvement de fond sera un vrai retour à des valeurs plus simples, loin des artifices développées par les sociétés de consommation. Cette tendance-là, liée à un retour à la « bonne bouffe », à une vie saine, est en plein essor. Elle fait déjà le succès de nos structures liées à leurs territoires : http://www.vve-ecotourisme.com/

 

Lire l’article « Less is more » par Carole Aïach-Soussan sur le nouvel Economist.fr

Écrire commentaire

Commentaires : 0
Loading
Heberger image
Heberger image
Heberger image