Sports d’hiver à Pâques : Il n’y a pas de neige ou il en reste peu, et alors ?

24 Avril : C’est la date de Pâques en cette année 2011 !

Ce sera le 27 mars en 2016, et c’était le 20 mars en 2008. Ce qui fait 5 semaines d’écart entre ces extrêmes ! Mais les vacances scolaires, elles, demeurent de manière immuable, liées à ces dates déterminées par le calendrier Chrétien. N’y a-t-il pas une indispensable évolution à demander aux pouvoirs publics sur ce point ? Sans aucune prise en compte de ces variations, l’industrie des sports d’hiver, continue à vendre des séjours basés sur le tout ski ! Pour cela, il a fallu équiper 30% de l’espace montagnard, alloué à la pratique du ski, en enneigeurs, pour fabriquer de la neige de culture ! remarquer l’euphémisme ! ou neige à canons.

Cette année, pourtant, il est probable que ces équipements énergétivores et aquavores ne suffiront pas pour atteindre la date fatidique du 24 avril, marquant la fin de saison d’hiver pour une large part des stations de montagne. 3 semaines avant, avec des températures avoisinant les 20° dans les fonds de vallées alpines (certains cherchent encore où sont les dérèglements climatiques !), la plupart des stations de sports d’hiver continuent d’offrir le ski comme activité principale !

 

Les skieurs dévalent des pentes ultra gelées le matin, constituées de neige alourdie l’après midi. Seul le conformisme social, « je suis venu faire du ski, donc je skie » peut alimenter un tel phénomène. La montagne, elle, a pris des habits de printemps avec plus d’un mois d’avance. C’est une formidable opportunité pour les vacanciers de découvrir un autre environnement montagnard, dont seuls les résidents profitent à l’accoutumée, au mois de mai.

Oui, mais ils sont venus faire du ski !

 

Cette année, c’est fin novembre qu’il fallait être là pour le ski ! Mais les stations étaient fermées à l’exception de celles d’altitude qui ouvrent traditionnellement aux premières neiges pour un tourisme de proximité. Cherchez l’erreur, ou plutôt les erreurs, liées à l’inaptitude de nos sociétés à s’adapter à la nature et ses variations. Autre aberration, nous, les acteurs de l’écotourisme, avons de formidables balades à offrir, randos mixtes : pédestres (versants Sud) et raquettes (versants Nord), dans un environnement inhabituel à cette période, la meilleure pour les observations animalières, mais qui le sait ? Qui en parle ? Les stations, et leurs organismes de promotion, les offices de tourisme, formatés au tout ski, continuent de vendre des prestations dépréciées, quitte à dégoûter à tout jamais de la montagne le vacancier de Pâques !

 

Et nous, acteurs de l’écotourisme, n’ayant plus de demande pour les sorties raquettes, faute de neige, nous savons à côté de quoi passent chaque jour ces adeptes du tout ski ! Alors, nous en profitons pour nous-mêmes, en attendant que s’éveillent les consciences... Un jour peut-être ! Jean-Pierre Lamic, gérant de Vanoise et Val d’Aoste Ecotourisme, et auteur de « Sports d’hiver durables, les pistes du possible », Editions Le Souffle d’Or, septembre 2010

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