Tourisme responsable, un mieux ? Deux questions à Jean-Pierre Lamic (V.V.E)

 

 

 

Voyageons-autrement.com : Après presque quatre années d’existence, trouvez vous qu’il y ait un mieux dans les pratiques responsables et notamment concernant votre action, avez-vous des exemples concrets permettant de montrer que peu à peu, le travail d’information et de conscientisation porte ses fruits ?

Depuis 4 ans, V.V.E a porté à l’attention du grand public et des médias du secteur des questions sur lesquelles personne ne s’exprimait : « Le juste prix » dans le voyage responsable, la question de la formation des guides-accompagnateurs, de l’utilisation abusive des stagiaires, les diverses tromperies opérées autour de la labelisation, et les déclarations de bonnes intentions à propos de la Compensation carbone. Ces sujets ont été compris différemment depuis que V.V.E en parle.

Certains des voyagistes qui étaient visés par ces écrits ont dû modifier leur comportement sur plusieurs de ces questions sous peine de perdre leur crédibilité. D’autres ont modifié aussi leurs programmes. Le voyage d’auteur, même s’il a perdu ses pionniers (Hommes et montagnes) a retrouvé du crédit, ce dont nous nous réjouissons. Après avoir abandonné la destination France, tous y reviennent (la plupart du temps parce que le marché redevient porteur), ce qui est quand même le plus intéressant vis-à-vis des émissions de CO2, sujet que nous avons souvent abordé, en disant que le meilleur CO2 compensé est celui qui n’est pas émis !

Néanmoins, nous ne sommes pas dupes. Certains créent de nouveaux voyages en 7 jours là où le territoire nécessiterait 12 ou 15 jours minimum. Par exemple, Dans les Iles Eoliennes en Sicile, pratiquement plus aucun voyage ne dépasse 8 jours alors que 12 seraient nécessaires. Presque tous incluent en sus la montée à l’Etna, voire la visite de Taormina, laissant au visiteur, tout au mieux, 3 ou 4 jours sur les 3 îles les plus réputées. Les autres sont désertées.

La tendance au « toujours plus » a la vie dure, et ce n’est pas encore demain que les choses changeront dans le tourisme en général. Au préalable, c’est au voyageur de comprendre qu’un voyage réussi n’est pas celui qui compile tous les sites mentionnés dans les rubriques « à voir » des guides touristiques. Lorsque la demande deviendra plus responsable, l’offre suivra…

Association des Voyageurs et Voyagistes éco-responsables

Voyageons-autrement.com : De fait quelles sont aujourd’hui les urgences les plus criantes sur lesquelles vous souhaiteriez vraiment attirer l’attention des voyageurs et des voyagistes.

La première urgence découle de ce que je viens de dire :

- Voyageurs et voyagistes ont à repenser le rapport durée du séjour / éloignement, les premiers ayant un rôle moteur à assumer.

- La limitation des émissions de CO2 est une urgence absolue, car la compensation carbone n’est pas la panacée.

- Tout voyage ou séjour devrait être conçu en prenant en compte le territoire sur lequel il se déroule (ceci inclut bien évidemment ses habitants).

- Les formules en « all inclusive » (tout compris) doivent se réinventer au profit des territoires supports et cesser de proposer les mêmes  produits et denrées aux quatre coins de la planète.

Si déjà nous pouvions progresser sur ces quatre points …

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