Trophée du Tourisme Responsable, ce qu’en pense V.V.E…

Trophées du tourisme responsable

Ce qu’en pense V.V.E

 

11 juillet 2008. La newsletter d’un des nominés des Trophées du tourisme responsable 2008 nous annonce l’événement. Il ne s’agit évidemment pas d’utiliser cette nomination à des fins marketing, mais enfin un mail à tous les prospects (c’est le nom des clients potentiels) ne peut faire de mal !

 

Les nominés des Trophées du tourisme responsable 2008 ???

Ce sont les voyagistes qui ont été désignés par le jury (des personnalités souvent reconnues dans le milieu du tourisme responsable) desdits Trophées (organisés par l’agence de voyages SNCF.com) pour être identifiés comme étant responsables.

Sur quels critères établis ? Les structures sont jugées sur les arguments qu’elles apportent et non sur les réalités, et/ou des contrôles de terrain.

De plus, personne n’est en mesure de définir clairement ce qu’est le tourisme responsable.

Certains nous disent qu’il s’agit de la même chose que le tourisme durable. Ils ont une conception de la durabilité que nous ne partageons pas.

D’autres affirment que le tourisme responsable est constitué de voyages aventure, pour beaucoup sous-traités, en voie de standardisation, et le plus souvent non accompagnés de guides diplômés. Quand V.V.E considère que dans le domaine de l’aventure, le voyage responsable est le voyage d’auteur ou voyage exceptionnel.

Si l’on examine la liste des nominés 2008

(http://www.tropheesdutourismeresponsable.com/nomines08-du-tourisme-responsable.html ), nous pouvons constater qu’aux côtés de voyagistes qui œuvrent véritablement sur le terrain du tourisme responsable (aisément identifiables), s’en trouvent d’autres que V.V.E ne peut considérer comme responsables.

La charte des Voyagistes éco-responsables© : http://blog.voyages-eco-responsables.org/, renseigne sur les 10 points essentiels à prendre en compte pour la détermination d’un voyagiste responsable. À leur lecture, l’on se rend rapidement compte du fossé qui sépare certains nominés des critères que nous avons établis sur la base d’une très longue expérience de terrain.

 

Qu’a-t-on vu après la promulgation des résultats de 2007 _

Des agences en ont profité pour acheter des liens commerciaux sur les moteurs de recherche les plus en vue en liaison avec les termes de tourisme équitable, responsable ou durable.

En quelque sorte, à peu de frais, elles se sont auto-déclarées équitables, responsables ou même durables !

 

À un résultat tronqué ?Atalante nominé dans la catégorie équitable et solidaire, sans avoir jamais organisé de voyages que l’on puisse qualifier d’équitables ou solidaires – fait suite un marketing qui participe à la désinformation, alors que la célébration de ces Trophées devait justement servir à faire connaître le tourisme responsable.

Et en 2008 ?

Les catégories ont été modifiées sans que toutefois ne soit évitée la confrontation directe entre des structures n’ayant aucun point commun entre elles. Comment déterminer un nominé entre un voyagiste d’aventure d’envergure nationale, une association à but non lucratif œuvrant à la réalisation de micro-projets, et le croisiériste à la notoriété la mieux établie ?

On trouve toujours des postulants plus connus pour les dégradations occasionnées par le tourisme de masse qu’ils promeuvent que pour leur préoccupation écologique ou éthique.

Les critères d’évaluation quantitatifs et les contrôles de terrain indispensables à la crédibilité de l’événement ne sont toujours pas d’actualité ni mis en œuvre.

On célèbre un voyagiste français pour la gestion d’un Lodge au cœur du Haut Atlas, et SNCF.com s’empresse d’en faire l’éloge et de le commercialiser. Qu’adviendra-t-il lorsque la demande sur le plus gros site de tourisme en France deviendra supérieure à la capacité d’accueil dudit Lodge ?

V.V.E préfère décerner des satisfecit aux communautés locales qui trouvent les moyens financiers et humains pour gérer par eux-mêmes, et sans aucune aide, des structures d’accueil dont les bénéfices sont reversés à leur communauté. Nous avons eu l’occasion en 2008 de rencontrer de telles communautés au Mexique, et leur adressons un grand merci pour leur accueil. Notre respect pour ce qu’ils réalisent dans la difficulté est immense.

Revenant à la liste des nominés 2008, que dire de la catégorie agence de voyage responsable ?

Tout d’abord, nous savons ce que ces agences (FRAM, Accor, Club-Med) ont réalisé, sur quoi elles travaillent, les résultats obtenus, et surtout ce qu’il reste à faire… V.V.E a quelques antennes bien placées que nous ne révélerons pas afin qu’elles gardent toute leur faculté d’observation objective.

Nous savons que des progrès ont été obtenus sur la gestion de l’eau et des quantités de linge à laver, sur l’ancrage territorial de certains centres de vacances ou la qualité de quelques bâtiments récemment construits.

Mais nous pouvons dire que le chemin qui les sépare d’une qualification d’agence responsable est équidistant à celui qui les mènerait vers :

  • Plus de 50% des achats de biens et de nourriture réalisés dans le pays d’accueil pour que la consommation de leurs clients se trouve au plus près du lieu de production desdits biens et aliments.
  • Une consommation d’eau par jour et par personne inférieure à minima à 150 litres par jour, ce qui représente déjà la consommation moyenne exorbitante d’un Français (multipliée par 2 ou 3 pour un touriste).
  • Une consommation de serviettes de bain par jour et par personne la plus basse possible. Aujourd’hui ce chiffre dépasse souvent le nombre de 1 serviette / jour / personne (spas, piscines, transats, et saunas en sont les responsables).
  • Le remplacement des goûters suremballés pour les enfants par des fruits locaux de saison, et jus de fruits locaux (bien meilleurs pour leur santé !).
  • La distribution au bar et au petit déjeuner de café ou de thé équitable (Accor le fait déjà). La mise à disposition de fontaines à eau pour éviter la distribution des eaux embouteillées.
  • L’arrêt des formules en all-inclusive (tout compris) qui pénalisent les bars / commerces du pays, et dissuade par avance de toute velléité de sortie des hôtels club.
  • La limitation effective et la compensation de ses émissions de CO2.

L’ensemble de ces remarques est entièrement transposable à tout croisiériste, nominé ou non.

Les croisiéristes figurent en effet parmi les voyagistes qui occasionnent le plus grand nombre de dégradations, notamment, par la non prise en compte des sur fréquentations qu’ils génèrent en débarquant en une seule fois plus de 3000 personnes dans le cœur de cités comme Dubrovnik, Taormina, ou à Santorin…

Pour l’ensemble de ces raisons, nous ne pouvons souscrire à la règle d’or de la SNCF.com qui dit :

« Je choisis de préférence un voyagiste responsable, référencé sur notre site http://www.voyages-sncf.com/, ou Lauréat des Trophées du Tourisme Responsable. ».

Cette règle nous semble particulièrement critiquable.

Le voyageur responsable ne doit en aucun cas sous-traiter sa bonne conscience à un voyagiste.

Encore moins si le voyagiste en question n’a pas mis en œuvre à minima ces mesures.

Il est donc urgent de définir de manière officielle de véritables critères quantifiables et contrôlés sur le terrain par des spécialistes et experts indépendants, si l’on veut que le voyageur puisse s’y retrouver.

V.V.E y œuvre au plus haut niveau afin que le tourisme responsable ne soit plus seulement une affaire de voyagistes ayant un intérêt particulier à vendre toujours plus de voyages, mais qu’enfin, la Planète et les générations futures y gagnent elles aussi quelque chose !

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