Portrait de Jean-Pierre Lamic dans « La Vanoise »

PARU DANS LA VANOISE N°9 PAGE 7 – PORTRAIT

  

Jean-Pierre Lamic
Repenser le tourisme

 

Président-fondateur de l’association des voyageurs et voyagistes éco-responsables, ce cévenol d’origine connaît la Vanoise depuis plus de vingt ans. C’est là, à Sainte-Foy-Tarentaise, qu’il a trouvé son pied-à-terre, un chalet d’alpage dont il cultive l’authenticité. Quand il n’est pas en voyage…

Un pied à Sainte-Foy-Tarentaise, l’autre ailleurs. Jean-Pierre Lamic est un voyageur au long cours. De métier. Depuis qu’il a attrapé le virus du voyage, il y a plus de vingt-cinq ans, il a roulé sa bosse sur de nombreux continents comme guide-accompagnateur. Asie, Afrique, Amérique latine, bassin méditerranéen : il a visité le vaste monde et surtout l’a fait découvrir. « J’aime faire voir les cultures de l’intérieur, être un médiateur entre les visiteurs et les visités. En montagne aussi, c’est le travail d’accompagnateur qui m’intéresse, même si j’ai fait vingt saisons à Tignes en tant que moniteur de ski. C’était plutôt pour gagner ma vie. »

Du voyage culturel à celui d’exception, des petites agences de voyages aux grandes structures, de la logistique à l’encadrement sur le terrain, en montagne comme à l’étranger : Jean-Pierre Lamic a connu de multiples facettes de la profession. Autant d’expériences qui lui ont permis de relever les dysfonctionnements du système et ses non-sens, comme l’inévitable « respect des populations locales », une expression qui lui hérisse le poil : « cela ne veut absolument rien dire, on peut très bien les respecter et, au final, ne rien leur apporter ! » En rupture avec le mode de fonctionnement des agences, il travaille aujourd’hui comme guide indépendant, une exception dans le métier.

Electron libre ou agitateur d’idées ? Un peu des deux. Car ce passionné de terrain, très sensible aux questions de développement local et d’échanges interculturels, aime pousser la réflexion sur le tourisme durable, ce qu’il a fait dans son ouvrage sorti ce printemps. Il n’hésite pas à bousculer autant les concepts – « la durabilité est une utopie, notre mode de vie n’est pas durable ! » – que les frontières établies. « Le vrai problème est le cloisonnement. Chacun travaille dans son coin et défend son propre intérêt à court terme, en Vanoise comme ailleurs : le Parc, les associations écologistes, les maires, les élus, les agriculteurs, les chasseurs, les accompagnateurs en montagne, les agences de voyage…»

La solution ? Créer des réseaux, des ponts entre chacun des acteurs concernés pour mieux penser un tourisme éco-responsable. C’est d’ailleurs l’objectif de l’association des voyageurs et voyagistes éco-responsables, fraîchement créée. «Il s’agit pour la première fois de mettre dans le même sac le monde du tourisme solidaire et celui de l’aventure, d’associer voyageurs et professionnels du tourisme. » En quelque sorte de proposer une vraie synthèse, qui réconcilie tous les courants du tourisme responsable, une belle idée pour laquelle il ne ménage pas son temps, ni son souffle. Dialoguer, débattre, convaincre pour agir localement avant tout et mieux penser l’aménagement du territoire : tel est son credo d’éco-responsable.

En savoir + [http://blog.voyages-eco-responsables.org]

Automne 2007 : création de l’association des voyageurs et voyagistes éco-responsables®
Printemps 2008 : publication de son livre Tourisme durable : utopie ou réalité ? Comment identifier les voyageurs et voyagistes éco-responsables ? éditions Harmattan.

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