Qui se soucie du devenir des réceptifs du Niger, du Kenya et de Mauritanie?

ET SI LE TOURISME RESPONSABLE PERMETTAIT D’AIDER LES RÉCEPTIFS À SURVIVRE AUX CRISES ?

 

Il y a quelques années, au printemps, plusieurs enlèvements d’étrangers eurent lieu dans le Sud algérien.
L’hiver suivant, le quai d’Orsay déconseillait aux touristes de s’y rendre.
Les agences d’aventure se consultèrent : Y aller ou ne pas y aller ?

La plupart se plièrent aux exigences de leurs assurances : ne pas y aller sous peine de ne pas être couverts.

D’autres prirent le risque, principalement pour ne pas rompre le lien avec leurs représentants sur place, et les aider à survivre, à payer leurs investissements en matériel et véhicules toujours plus sophistiqués, demandés par une clientèle, sans cesse plus exigeante.

 

Aujourd’hui, les situations prévalant au Niger, au Kenya et en Mauritanie sont tout autres, plus complexes, et plus dramatiques.

 

Mais in fine on assiste au même phénomène de désengagement de la plupart des Tour-opérateurs aventure, ou à tout le moins, des plus importants en terme de volume d’activité.

 

Seules, les agences qui prennent en compte les conséquences sociales d’un retrait total maintiennent les destinations où la vie des touristes, confiés à des équipes locales, n’est manifestement pas en danger (pas au Niger, donc, comme le montre le maintien en détention de deux journalistes français).

Désengagement non compensé, qui revient à une forme d’abandon des guides et réceptifs locaux à leur triste sort.
Les représentants de ces agences déplorent la baisse de leur chiffre d’affaire…

Mais si elles ne vendent pas de voyages dans ces pays, elles reporteront leurs inscriptions sur d’autres destinations, tandis que les guides et réceptifs locaux, eux, ne disposent d’aucune solution alternative…

Concernant le Niger, le volume des voyageurs qui s’y rendent chaque année n’a rien à voir avec celui concernant le Sud algérien, ni le nombre de visiteurs du Kenya.


Et pourtant la situation des réceptifs Touaregs du Niger n’est-elle pas comparable à celle des équipes locales algériennes durant l’épisode évoqué ci dessus ?

N’ont-ils pas eux aussi du matériel à payer ou amortir ? Et des enfants à nourrir dans un des pays les plus pauvres du monde ?

 

 

 

Les voyagistes d’aventure qui ont utilisé régulièrement le territoire du Niger pour commercialiser leurs voyages, les affréteurs, les voyageurs individuels qui s’y sont rendus récemment, n’auraient-ils pas un devoir d’entraide à assumer ?
N’auraient-ils pas non plus un devoir d’interpellation auprès de l’État français, d’Areva et des entreprises chinoises qui profitent des richesses du sous sol du Niger sans se soucier des conséquences sociales de cette exploitation?
L’État français, ne devrait-il pas imposer une plus juste répartition, au profit notamment des Touaregs, des revenus des 30% de son uranium achetés au Niger ?
Le monde du tourisme d’aventure ne devrait-il pas s’unir pour tenter de venir en aide aux Touaregs du Niger ?
Les guides locaux et réceptifs de Mauritanie ou du Kenya, doivent-ils se contenter d’attendre un quelconque revirement des positions du Quai d’Orsay ?

Autant de questions qui se doivent d’être posées aujourd’hui, alors que l’on parle de tourisme responsable.

 

 

 

L’association des voyageurs et voyagistes éco-responsables milite pour la constitution d’une réserve financière afin de permettre aux guides et réceptifs des pays en crise de survivre, le temps de passer le cap.
Et leur éviter de devoir revendre ou abandonner leur outil de travail, comme ce fut le cas par le passé en Algérie, au Sri Lanka, en Jordanie ou ailleurs.
Le principe est simple, et calqué sur le fonctionnement des caisses de secours des écoles de ski qui se sont organisées pour prévenir les conséquences des accidents corporels survenant aux moniteurs de ski durant l’exercice de leur profession.

Et si les crises au Niger, en Mauritanie, et au Kenya constituaient l’occasion de s’atteler sérieusement à cette tâche ?

Pour plus d’informations sur la situation actuelle au Niger, veuillez trouver ci après l’adresse de deux blogs indépendants.

http://occitan-touareg.over-blog.com
http://www.targuinca.org/blog

Pour plus d’informations sur la création d’une caisse de secours destinée aux réceptifs des pays en crise :
jplamic@voyages-eco-responsables.org

D’avance merci aux Voyageurs et Voyagistes éco-responsables qui se manifesteront pour que cette idée puisse se matérialiser.
Et Merci à Trek Mag d’avoir publié ce dossier sur le Niger

 

Jean-Pierre Lamic, Président de l’Association de Voyageurs et Voyagistes éco-reponsables

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