Un auteur des guides Lonely Planet a « tout inventé »!

Melbourne – Un auteur de guides des éditions Lonely Planet, bible des voyageurs, révèle avoir « inventé » une bonne partie de ses écrits. Il a même rédigé l’un de ses ouvrages sans avoir mis les pieds dans le pays qu’il était censé faire découvrir. Dans les colonnes du journal dominical australien « The Sunday Times », Thomas Kohnstamm, qui a collaboré à la rédaction d’une dizaine de guides portant sur des pays de l’Amérique du Sud et des Antilles, reconnaît aussi avoir bafoué l’une des règles d’or de Lonely Planet consistant à refuser de voyager aux frais des autres.

L’auteur affirme dans son nouveau livre intitulé  » Les écrivains de voyage iront-ils en enfer ? » (« Do travel writers go to hell? »). À une occasion au moins, il ne s’est même pas rendu dans le pays dont il a écrit le guide de voyage. « On ne m’a pas offert assez d’argent pour me rendre en Colombie. J’ai donc écrit le guide à San Francisco, à partir d’informations puisées auprès de ma petite amie de l’époque qui faisait un stage au consulat de Colombie », raconte Kohnstamm. Lonely Planet affirme avoir procédé à une relecture attentive des ouvrages écrits par l’auteur en question, sans toutefois trouver d’erreurs, a précisé le « Sunday Telepgraph ». Lonely Planet vend plus de six millions de guides de voyage par an dans le monde en plusieurs langues, dont le français.

Cette information a fait le tour des rédactions le 13 avril 2008. Puis, plus rien ! Est-ce à dire que l’information se suffit à elle-même ?

Eh bien non. Cette information révèle que les rédacteurs des guides de voyages sont soumis aux mêmes pressions que dans beaucoup de secteurs, notamment celui de l’organisation de voyages. À force de rogner sur les dépenses, de développer les économies d’échelle, on en arrive à l’aberration suivante : ne plus consentir les investissements pourtant inhérents à la constitution de la matière première de son activité !

Le guide de voyage ne donne plus au collecteur d’infos les moyens de réaliser son travail de compilation, tout comme le voyagiste ne se donne plus que très rarement les moyens de connaître les destinations qu’il commercialise, en supprimant les reconnaissances et en s’orientant vers la sous-traitance.

La problématique est la même dans les deux cas.

Internet est un outil bien pratique. Trouver un réceptif, ou des adresses sur la toile est devenu un jeu d’enfants. Alors pourquoi dépenser en se rendant sur place ? Question qui devient plus pertinente encore quand les guides de voyage se contentent de remplir, tels des automates, les rubriques, où aller, où dormir, où boire un verre ? En fait, une simple compilation d’adresses, qui ne requiert ni recul, ni savoir-faire.

À quand le retour à un véritable guide informatif, ne tombant pas dans la facilité du carnet d’adresses ?

Par le jeu des répétitions d’adresses diffusées à grande échelle, n’a-t-on pas en outre généré des surfréquentations un peu partout dans le monde ?

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